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Cercle-Cité #3 | perspectives | série photographique numérique et argentique | avril 2011

Posté par Bruno Baltzer à Avril 26, 2011 17:54

Cercle-Cité #2 | reconstructions | série photographique argentique | avril 2011

Posté par Bruno Baltzer à Avril 26, 2011 06:38

Cercle-Cité #1 | Parallax-Scopies | série photographique numérique et argentique | mars 2011

Posté par Bruno Baltzer à Avril 24, 2011 00:40

Dans le cadre d’une commission autour du réaménagement, de la modernisation et de la restauration d’un bâtiment historique au cœur de la ville de Luxembourg, Bruno Baltzer réalise la série photographique Cercle-Cité #1 | Parallax-Scopies premier volet de la commande de la Ville de Luxembourg.

En mémoire des grandes missions photographiques telles que la mission héliographique dont les points de vue inédits envisagent une nouvelle perception de la réalité urbaine, Bruno Baltzer révèle à son tour une vision et une réflexion tout à fait originale autour de la photographie. Sur le toit du monument le plus central de la ville (le Cercle Cité) le regard panoramique du photographe fusionne l’exploration de techniques différentes avec une réflexion de l’histoire et de la création photographiques.

Les images de la série Parallax-Scopies se présentent comme une série des diptyques. Le regard de Bruno Baltzer y sur-vole la ville et nous offre selon la tradition de la photographie de paysage, des « vues » ou «sur-vues», grâce à une inédite vision, amplifiée par un double regard qui s’effectue en quasi – simultanée. Les Parallax-Scopies se jouent sur le concept essentiel de la vision binoculaire dans son élémentarité perceptive. Deux appareils photographiques positionnés sur le même axe portant, un sténopé et un reflex digital, de l’argentique et du numérique, en noir et blanc et en couleur. Cette complexité visuelle se mêle et se différencie à nouveau, à chaque fois, dans chaque image.

Ce travail nous expose à un plus-de-vue (Derrida), terme qui inscrit dans sa construction amphibologique le débordement de la vision multiple et visionnaire et évoque en même temps l’instant de cécité inné à l’acte photographique. La combinaison de l’appareil sténopé, qui empêche le contrôle précis du cadrage mais aussi de son impression, avec le reflex digital, qui révèle instantanément son sujet, donne vie à une heuristique du visible. Le champ de profondeur illimité du sténopé exacerbe le sentiment de continuité visuelle pendant que les zones reconstruites en numérique suggèrent une discontinuité perceptive. Le parallèle entre ces décalages optiques crée une vision modulaire et hypnotique de la réalité, sans qu’une réelle fracture se soit produite. La vision joue une reconstruction spontanée entre action chimique et action mathématique, couleurs monochromes et noirs et blancs riches en subtilité. Ce dédoublement visuel nous invite à une insistance du regard. Rien ne se répète à l’identique. Les détails qui nous échappent se fixent intensément par une sorte de persistance rétinienne. Entre impression et vision, reconnaissance et vision, connu et déjà connu, le nouveau et l’ancien s’entremêlent distinctement.

Descendant de la photographie stéréoscopique, dont le but était l’accomplissement d’une vision tridimensionnelle, à travers le rapprochement des deux photographies semblables, dans les photos de Bruno Baltzer la stéréopsie est affectée par une sorte de strabisme (défaut de parallélisme des axes visuels), non tant pour une anomalie visuelle mais pour un excès visuel dérivant de l’utilisation simultanée des deux systèmes dichotomiques de création d’images.

Dans l’appréhension panoramique des perspectives « à vol d’oiseau », la perception du monde reste entièrement humaine. Le principe architectural de la photographie de Bruno Baltzer, entre construction et reconstruction, recherche encadrée dans la photographie contemporaine, questionne l’idée de représentation stable.

Nathalie Dibbern, mars 2011

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