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MUDAM collection | after midnight in "De nos artifices" | Bruno Baltzer

Posté par Bruno Baltzer à Novembre 03, 2010 18:06

Mudam consacre son premier étage, plus de 800m2, à la collection en la présentant sous la forme d’expositions thématiques. Ainsi, jusqu’en novembre, le public pourra découvrir les œuvres de 36 artistes regroupées en deux épisodes, « De nos visages (et de nos corps) » et « De nos artifices ». Au fil de son parcours à travers le reste du musée, le visiteur rencontrera également d’autres œuvres de la collection, certaines d’entres elles ayant été spécifiquement réalisées pour le musée comme la Chapelle de Wim Delvoye. 26/05/2010 – 30/10/2010 (lien vers le MUDAM ici)

Le monde qui nous entoure, et qui résulte, en grande partie, des activités humaines, est la nature dans laquelle nous évoluons. Elle induit, en retour, une grande partie de nos comportements et de nos pensées. Serait-elle autre, et nous ferions et penserions autrement, un peu comme les êtres à deux dimensions du célèbre ouvrage de Edwin Abbott, Flatland, paru en 1884, dont l’univers et les dieux découlaient de la perception d’un espace limité à la longueur et à la largeur.

Or l’art ne commente pas seulement, de multiples manières, la nature existante, le réel fabriqué et nos fantasmes à son propos, il y ajoute une dimension supplémentaire, qui vient à la fois l’enrichir et lui donner une forme concrète, sensible, esthétique. L’art est un artifice qui met en abîme l’artifice du monde. Lorsque Kimsooja déploie et fait miroiter sans fin les tissus qui dans son pays d’origine accompagnent les gens souvent une vie durant et qui sont devenus pour d’autres l’emblème même de l’immigrant ou du nomade, elle donne la possibilité au spectateur de saisir immédiatement une réalité éloignée mais à laquelle il participe, fut-ce malgré lui : l’innocence n’existe que pour les ignorants et les simples d’esprit. Ou bien, lorsque Tina Gillen peint une série de maisons stylisées, elle ne renvoie pas seulement à la diffusion désormais mondialisé de l’habitat standardisé mais rend cette notion palpable, immédiatement appréhendable, comme si la belle peinture en était une preuve plus convaincante qu’un reportage documenté.

Mais il y a aussi l’évocation de la jungle urbaine et de ses mythes par Damien Deroubaix, la précision du rendu de l’organisation spatiale d’un tri postal par Andreas Gursky, la rêverie nocturne d’une fête foraine de Bruno Baltzer ou la juxtaposition cruelle des mensonges au service des idéologies criminelles (« Arbeit macht frei ») et de la fabrication du divertissement infantile (Walt Disney) par Claude Lévêque. (texte MUDAM)

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