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une démarche photographique | bruno baltzer

Posté par Bruno Baltzer à Juin 30, 2010 23:33

Bruno Baltzer est artiste photographe ou encore d’après la loi luxembourgeoise, artiste professionnel indépendant…

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La démarche d’observant de Bruno Baltzer, agit avec le temps, la profondeur de temps et ses traces. Ses recherches se tournent vers un travail sensible ou l’intime fait apparition. Trois de ses dernières réalisations ont été exposées à Luxembourg au début 2010. Au MUDAM qui vient d’acquérir deux œuvres de la série photographique « after midnight » aux techniques photographiques hybrides et de les présenter dans le cadre de l’exposition « brave new world ». Au MUDAM encore, « en vœux-tu en voilà » dans le cadre d’une intervention commandée est une installation vidéo pour 19 moniteurs. Au Casino Luxembourg Forum d’Art Contemporain enfin, dans le cadre de l’exposition everyday(s), « la gloire de mon père » série 3 présente une installation de 16 oeuvres photographiques argentiques.

La démarche photographique de Bruno Baltzer s’employant à construire ses rapports avec le monde a été favorisés par trois facteurs : L’apprentissage pratique de la lumière et la maîtrise de l’appareil photographique, motivé par la rencontre du beau au sens « fashion » du terme. Le réflexe d’enregistrement de faits quotidiens, développé pendant des années sombres par l’écriture de carnets intimes comme autant de véritables radiographies de l’âme. Et encore, l’existence, délibérément indépendante, à vivre à l’étranger.

Né en Provence en 1965 et fils d’instituteurs, Bruno Baltzer, jusqu’à l’âge de 20 ans, vivra entre la banlieue sud de Paris et le Vaucluse. Les dix premières années de son existence furent plongées dans l’espace exclusif familial. École primaire, vie à la maison et vacances scolaires furent encadrées par ses enseignants de parents.

En 1985 ceux-ci quittent logement de fonction et progéniture pour se retirer près d’Avignon. Un espace de liberté s’ouvre alors et Bruno s’y engouffre avidement. Son premier acte d’émancipation se joue en décidant d’écourter ses études supérieures en chimie pour intégrer un studio de photographie de mode. Il y reçoit une formation auprès, entre autres, des photographes Nick Knight dont il deviendra plus tard l’assistant personnel, de Javier Valhonrat et d’Henry Leutwyler.

Le passage à la vie de photographe fut contrarié par une peur inextinguible de la réalité ainsi qu’un besoin d’émancipation vis-à-vis de ses formateurs. Ses ambitions photographiques mises de côtés, commence un face à face avec l’existence rejetant les enseignements reçus jusqu’alors. Une vie de mouvement entre Londres, Paris, Genève et Mouscron en Belgique est ponctuée de séminaires de thérapies comportementales. L’écriture s’installe, à ce moment-là, comme outil de témoignage remplaçant la photographie.

L’arrêt au Luxembourg et la décision de s’y installer marquent le début de sa vie adulte. Le quartier du grund, un café-restaurant biologique le jour – laboratoire photographique la nuit, dont il sera l’homme à tout gérer et ses clients deviennent les territoires d’investigation et les premiers témoins de cette existence nouvelle. C’est ici que, détaché de ses premières influences, Bruno Baltzer commence sa vie de photographe. Il a 30 ans. Le quartier, sa nature, ses habitants sont les premiers sujets photographiés et les murs de la ville sa première galerie. De déambulations nocturnes locales en résidences photographiques autofinancées à l’étranger (Lisbonne, la Nouvelle-Orléans, la Sicile, la Patagonie chilienne, Helsinky) son travail se développe, s’affirme et s’affiche. C’est l’événement « black and white notes from New-Orleans » qu’il monte (1999), en montrant une série de portraits de musiciens en grand format en pleine rue, qui le fait remarquer. Eyetalks, oeuvre artistique intermédias placera le vivant au centre de ses préoccupations. Eyetalks se jouant des identités multiples et singulières des sujets photographiés, ainsi que de différents modes de monstrations (ornementation de façade, site Internet, banque de données, installations vidéos urbaines, films de photographie animée), invitera le photographié à contribuer à l’établissement d’un « après événement ».

C’est à partir de ce moment que la mise en scène des prises de vues de Bruno est établie par une pensée préalable et un processus de réalisation déterminé. Les travaux s’enchaînent à partir de 2002, en recevant avec bonheur dans sa quête de vivre de la photographie, ses premières commandes institutionnelles telles celles du Musée National d’Histoire Naturelle pour sa nuit des musées, du Centre de Recherche et de Documentation sur les Migrations Humaines, ou encore du Centre National de l’Audiovisuel et de la Cinémathèque. Bruno répond à ces invitations en s’appropriant les thèmes, les sujets, les objectifs de ces commandes comme s’il s’agissait de son propre travail et s’y investit absolument. Se révèlent alors pour lui une capacité, celle de gérer un flux émotionnel intense qui se perçoit dans les moindres détails de ses nombreuses images. Il vit en photographie.

Commencé en 2004, la série photographique After Midnight présente l’univers énigmatique et féerique de la grande fête foraine qu’est la Schueberfouer. Au fil de quatre années, ce photographe a pris des clichés de son étrange paysage. Dans le silence de la nuit, apparaissent, sur de grands formats, les attractions éclatantes devenues décors sans figurants. Ce travail évoque un moment intense de la vie au Luxembourg tout en témoignant d’un imaginaire universel où se mêlent le temps de l’enfance, les espaces désertiques et les rêveries. Vue de la nuit inhabitée, la fête votive révèle un visage qui ne s’était encore jamais vu. Cette série lui vaut d’être reconnu et acheté par les institutions luxembourgeoises tels les Mudam, Ministère de la Culture et Musée d’Histoire de la Ville de Luxembourg. Comme pour sa série Octave Reconstruite commandé par le CNA, Bruno Baltzer non seulement dompte des techniques de collage numérique à partir de films négatifs, par lui appelés «reconstructions», mais il en pousse les limites en collaborant avec un laboratoire photographique parisien.

En 2005 il monte la structure associative jusquici_agence artistique. Jusquici a pour objet général de favoriser la production, la gestion, la diffusion de créations sonores, visuelles et multimédias selon des procédés actuels de diffusion et de communication, favorisant les collaborations scientifiques et artistiques. Jusquici se positionnne sur la scène culturelle de Luxembourg et Grande Région comme un laboratoire artistique qui cherche, initie et produit des rencontres inédites dans les domaines du son et de l’image. C’est en 2006 que commence l’entreprise flash007, une plate-forme Internet collaborative multimédias dédiée à la culture et principalement à ses événements artistiques. Idéalisé et dirigé par ses soins, réalisé par le centre de Recherche Public Gabriel Lippmann, flash007 sera la première entreprise artistique qui associera au Luxembourg et cela sur une période de près de deux ans, artistes, publics, institutions culturelles, monde associatif, monde de la recherche, monde des médias, monde de la téléphonie mobile, dans un projet de documentation photographique, vidéo et sonore de Luxembourg Capitale Européenne de la Culture 2007. Flash007 propose aujourd’hui la commande, la réalisation et la monstration de travaux d’artistes, et dans un volet pédagogique développé, un ensemble de workshops ou d’interventions auprès des différents publics de centres ou musées d’art contemporain (Casino Luxembourg). C’est aussi à cette période et dans cette dynamique du partage que Bruno Baltzer fait ses premières interventions en Ecole Supérieure des Beaux Arts en France.

De plus en plus perméable au monde de l’art contemporain et à ses révélations sensibles, Bruno Baltzer commence au début de 2009, sans aucunement écarter ce qu’il a fait jusqu’à présent, un travail photographique et vidéo où l’intime fait son apparition pour en occuper le cadre entier de ses images. Il documente des mondes s’effaçant, lieux d’intenses activités humaines, ou naturels, et ses habitants. Il y cherche en révélant leurs aspects sensibles les liens et les sens nouveaux du monde. « La gloire de mon père » montré pour la première fois en 2010 dans l’exposition everyday(s) du Casino Luxembourg Forum d’Art Contemporain préfigure ainsi ce nouveau développement.

Ses territoires aussi s’élargissent. Il intervient maintenant auprès des étudiants en Arts Plastiques de l’Université de Metz. Une collaboration artistique l’engage en Italie, une autre en Chine.

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